
US Carcassonne XV — Quand un club tourne en rond
On aurait pu espérer que la démission de Bernard Goutta serve de déclic. Qu'elle force enfin une réflexion de fond sur ce que veut être l'USC, avec qui, et comment.
On en est loin.
Les informations qui circulent cette semaine dressent le portrait d'un club qui s'agite sans cap. Patrick Pézery approché, il décline. Christian Labit sondé, il pose une condition, le retour de Frédéric Calamel, qui lui-même semble avoir été écarté par le comité directeur lundi soir. Et au bout de tout ça, c'est Nicolas Régnier, vice-président, qui récupère les pleins pouvoirs sur le sportif.
Le même Nicolas Régnier qui était déjà en poste lors des deux relégations.
La parole de Labit
Ce que dit Christian Labit est peut-être le plus révélateur de tout. L'homme connaît ce club mieux que personne. Il y a vécu le meilleur, la montée historique, le barrage de Nevers, et le pire, la relégation de 2023. Et quand on lui parle de revenir, sa réponse est claire : seulement avec Calamel. Pas par caprice. Par conviction que sans les bonnes personnes aux commandes, l'aventure ne tient pas.
"À force ça va être compliqué dans ce club."
Ce n'est pas Rugby-Info qui le dit. C'est lui.
Quand un technicien de cette expérience, qui aime ce club, qui connaît ce club, prononce ces mots-là publiquement, ça mérite qu'on s'y arrête.
Calamel, une porte fermée de l'intérieur
Frédéric Calamel semblait avoir basculé. Labit le dit lui-même : il y avait de bonnes possibilités, des joueurs qui revenaient, quelque chose à construire. L'homme qui avait porté l'USC de la Fédérale 2 jusqu'en Pro D2 semblait prêt à remettre le bleu de chauffe.
Et puis lundi soir, lors de la réunion au siège rue Antoine-Marty, cette piste s'est assombrie.
Pas parce que Calamel s'est retiré. Mais parce que le comité directeur n'a visiblement pas validé sa réimplication dans le sportif.
C'est là que ça devient troublant.
Un technicien comme Labit prêt à revenir. Des joueurs qui revenaient. Une dynamique possible. Et c'est la direction elle-même qui ferme cette porte de l'intérieur.
Pourquoi ? Calamel posait-il des conditions sur les moyens ? Sur la gouvernance ?
Représentait-il un contre-pouvoir trop encombrant pour ceux qui tiennent les rênes depuis des années ?
Les questions restent sans réponse. Comme toujours.
Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas une occasion manquée par hasard. C'est une occasion écartée par choix. Et ce choix appartient à la direction.
Régnier aux commandes, le pari de trop ?
La direction a donc tranché : Nicolas Régnier prend en charge le recrutement du nouveau manager et la constitution de l'effectif pour la Nationale. C'est son droit. C'est son rôle de vice-président.
Mais c'est aussi celui qui était aux premières loges lors des deux dernières saisons. Celui qui a participé aux décisions de recrutement qui ont montré leurs limites. Celui qui, avec Mestre, a accordé l'interview après la relégation sans répondre aux vraies questions.
Confier le sportif à Régnier seul, sans manager en place, sans cap défini, c'est recommencer le même schéma en espérant un résultat différent.
Ce que tout cela dit
Un premier choix qui décline. Une piste Labit-Calamel qui s'éteint, non pas faute de volonté des intéressés, mais faute de feu vert de la direction. Un vice-président qui hérite du dossier dans ce contexte.
Ce n'est pas un projet. C'est de la gestion de l'urgence.
L'USC repart en Nationale dans quelques semaines. Sans manager. Sans staff. Sans cap clair. Avec les mêmes dirigeants, les mêmes méthodes, et visiblement les mêmes difficultés à créer les conditions pour que les bonnes personnes veuillent s'impliquer.
Labit l'a dit avec ses mots. Nous le disons avec les nôtres.
À force, ça va être compliqué dans ce club.
On n’est pas sorti de l'auberge….